Les 12 apôtres du sport automobile

7 AVRIL 2015

Les 12 apôtres du sport automobile

Les 12 apôtres du sport automobile

Elon Musk

Un tout petit peu agaçant, ce jeune quadragénaire. Après avoir fui son Afrique du Sud natale à 17 ans, étudiant boursier, il est aujourd’hui crédité d’une fortune de 8 Mds de $US (voir ici sa fiche Wikipedia). Si je l’ai retenu au même titre que de glorieux aînés, c’est que sa vision est en train de transformer l’essence même de l’automobile.

Il est le premier (le seul?) entrepreneur à proposer un modèle viable pour l’automobile alternative, en créant en Californie la marque Tesla Motors. Son premier modèle, le Roadster, est construit par Lotus sur une base d’Elise. Nous sommes en 2008 et, à cette époque, l’offre en 100% électrique se résume à des véhicules à la fois inesthétiques, à l’autonomie ridicule et aux performances de limaces asthmatiques. La Roadster, grâce à une conception révolutionnaire, offre le 0 à 100 km/h en 3,7 secondes, une vitesse de pointe de 212 km/h, et une autonomie de 340 km.

Le coup de maître arrive en 2012, avec le lancement du Model S. Les performances sont toujours comparables à celles d’une GT voire d’une sportive, mais nous sommes désormais en présence d’une berline 5 places, et non plus d’une 2 places! La finition et les prestations restent luxueuses, l’autonomie dépasse désormais les 500km. Et Tesla met en place un réseau de stations de recharge où les clients font le plein… gratuitement. Appréciable, sachant que la gamme va de 70 à 95 k€. Le week-end dernier, ayant parcouru 350 km d’autoroute, j’ai croisé 3 de ces voitures et elles dégagent, à défaut de CO2, une sacrée classe!

Pour cette véritable révolution industrielle de l’automobile, et pour cette alternative enfin crédible au moteur à combustion, Elon Musk, merci.

 

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Sir Jackie Stewart

Triple Champion du Monde de Formule 1 en 1969, 1971 et 1973 ; détenteur du record de victoires en Grand Prix pendant 14 ans (record battu par Alain Prost en 1987).

Jusque dans les années 70, la discipline du sport automobile, et nombre de pilotes, estiment normal le fait de risquer sa vie à chaque course. Statistiquement, à cette époque, un pilote professionnel qui court plus de 5 ans, a 2 chances sur 3 de finir tué! Stewart adolescent a vécu le grave accident de son frère aîné et, pour ne pas faire craindre le pire à sa mère, débute en course sous le pseudonyme de A.N.Other (« Un autre »). Sa carrière remarquable est constituée de succès sportifs, mais aussi de progrès apportés aux mentalités. Dès 1966, il commence à tirer les enseignements des circonstances de ses propres accidents. Ainsi, il est à l’origine des extincteurs de systèmes électriques, et du volant démontable qui permet au pilote de s’extraire d’un véhicule accidenté. Il se fait accompagner par son médecin personnel sur les Grands Prix, qui ne sont encadrés d’aucune aide médicale. Et quand, en 1973, son coéquipier et ami François Cevert trouve la mort, il annonce son retrait de la compétition.

Devenu par la suite patron d’écurie, il vise la performance bien sûr, mais tout en restant engagé pour l’amélioration des conditions de sécurité en course. Il met son talent de metteur au point au service de voitures qu’il veut plus sûres, évoluant sur des circuits plus protecteurs. Les innovations et anecdotes qui jalonnent cette quête sont très nombreuses, parfois succulentes. Grâce à ses efforts, désormais, les pilotes automobiles peuvent contempler une carrière qui ne se termine pas nécessairement dans un brancard.

Anobli par la Reine d’Angleterre en 2001 pour l’ensemble de son oeuvre, l’Ecossais volant est avant tout un personnage haut en couleurs, et apprécié dans tous les paddocks.

 

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Kazunori Yamauchi

C’est en 1998 que débarque le premier volet de la suite Gran Turismo. Ce jeu de console, qui détient le record des ventes sur Playstation (plus de 10 millions d’exemplaires écoulés), devient le nouveau standard en matière de réalisme. Qu’il s’agisse du rendu visuel, des sensations, et du catalogue des véhicules disponibles, le Real Driving Simulator reste à ce jour une référence. Et cumule, sur les 6 volets de la série, 50 millions d’exemplaires vendus.

C’est ainsi que la conduite de supercars est passée du fantasme à la réalité (virtuelle), pour des millions de jeunes gens. Ceux-là même qui ont pu découvrir des véhicules aussi confidentiels que la Dodge Viper, la TVR Cerbera ou la Toyota 2000GT, sont pour la plupart restés des amateurs éclairés des mécaniques d’exception. Et, parmi ces légions d’adolescents boutonneux, ceux qui ont su se constituer un pouvoir d’achat, sont devenus les principaux clients des marques de renom. Tout cela, grâce à la vision d’un homme et de l’évolution qu’il a su apporter à son jeu.

La dimension sportive de la série est réelle; lorsque Sébastien Loeb se lance dans l’aventure des 24 Heures du Mans, c’est sur console qu’il s’entraîne à découvrir le mythique circuit. Et grâce au programme GT Academy, les meilleurs joueurs deviennent, tout simplement, des pilotes professionnels! Enfin, il faut souligner l’implication croissante de Kazunori Yamauchi dans la conception des bolides de demain. Lors du 5ème volet, il donnait carte blanche à Adrian Newey pour créer la voiture de course ultime, la stupéfiante Red Bull X2010. Et la 6ème et dernière mouture offre l’opportunité aux constructeurs (et surtout à leurs équipes de conception par ordinateur) de développer, et mesurer l’impact auprès des joueurs, de leurs créations les plus audacieuses!

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Jeremy Clarkson

Présente l’émission Top Gear de 1988 à 2015, sur la BBC, qui est devenue la plus regardée du monde. Par son physique bonhomme, contrastant avec un sens de l’humour grinçant, il incarne le ton de l’émission. Et ses excès.

Le succès de l’émission est incroyable, son audience est estimée à 350 millions de téléspectateurs à travers le monde, et diffusée dans 170 pays (en France, sur RMC Découverte). Son format décalé, les épreuves originales que subissent automobiles et pilotes, sont dupliqués dans des versions nationales aux Etats-Unis, en Australie, en Corée du Sud. Et, depuis peu, en France … malheureusement desservie par des présentateurs navrants.

La recette du succès de l’émission originale repose en grande partie sur le talent de Jeremy Clarkson. Une présence imposante (1m96, surnom : l’orang-outang), un réel talent de comédien, sont au service de son discours controversé. Son éloquence, franc-parler et impertinence sont aussi attachants que politiquement incorrects. Illustration, en 2 citations:

La vitesse n’a jamais tué qui que ce soit; c’est de se retrouver soudainement à l’arrêt qui peut parfois se révéler dangereux.

Je ne comprends pas l’utilité des couloirs de bus: pourquoi est-ce que les pauvres devraient pouvoir rentrer chez eux plus vite que moi?

Accompagné à l’écran par ses 2 acolytes James May et Richard Hammond, il se livre aux plus incroyables facéties autour de l’automobile. Ils sont ainsi rentrés dans les annales pour avoir été les premiers hommes à rejoindre le Pôle Nord en voiture! Mieux encore, ils essaient dans des conditions incroyables les plus exclusives supercars. Le road-trip parfait de Venise à Pau, Jeremy le parcourt en Ferrari F12, puis en Bugatti Veyron, en passant par la Bentley V8 Cabriolet et la Pagani Huayra. Sympathique.

Le 10 mars 2015, la BBC annonce que Jeremy Clarkson est suspendu de ses fonctions. Raison invoquée: le présentateur en serait venu aux mains avec un des producteurs, pour un différend au sujet de l’hôtel retenu pour un tournage. Raz-de-marée de protestations, May et Hammond menacent de démissioner, même le 1er Ministre David Cameron vient au soutien de Jeremy! L’avenir seul pourra nous dire quel sera l’avenir de la meilleure émission automobile de tous les temps… et de son présentateur emblématique.

Philippe B
philippe@lyonaumasculin.com
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