Les 12 Apôtres du sport automobile (2e partie)

24 AVRIL 2015

Les 12 Apôtres du sport automobile (2e partie)

Les 12 Apôtres du sport automobile (2e partie)

 

Gordon Murray

Après avoir démarré sa carrière dans l’aéronautique, il posa son bagage technique dans la Formule 1. Pendant 35 ans, il applique ses idées, originales et toujours tournées vers la performance. A son actif il faut citer les plus spectaculaires: la Brabham BT46B ou « voiture-aspirateur » ; les Brabham BT49 et BT52 qui, pilotées par Nelson Piquet, ont remporté en 1981 et 1983 les couronnes mondiales ; l’élégante BT55 innove par sa hauteur réduite destinée à améliorer l’aérodynamisme. Cependant cette dernière, mal motorisée et présentant des défauts de jeunesse, fut la dernière collaboration de Murray chez Brabham.

Convaincu néanmoins du bien-fondé de son idée, il la met en oeuvre dès son arrivée chez McLaren en 1987. Il n’est pas le seul à faire son arrivée au sein de l’écurie: Ayrton Senna vient « épauler » Alain Prost, pour constituer la dream team de la discipline. Le fruit du travail de Murray est la MP4/4. La monoplace remporte cette année-là 15 des 16 Grands Prix, avec 10 doublés!

Gordon Murray sera probablement toujours admiré pour sa création la plus innovante, qui fracassa les codes et les limites de la performance. Ce chef-d’oeuvre absolu sera le pinnacle de l’automobile, la référence des supercars pour des années: La McLaren F1.

 

Puissance, légèreté, efficacité, vitesse. Tout est superlatif dans cette reine absolue de la route. La vitesse de pointe, certes un critère insuffisant pour juger de la performance pure, donne néanmoins le tournis: 386 km/h vérifiés. Cela fut, pendant 7 ans, le record officiel pour une voiture homologuée pour la route. Et, dans la catégorie des moteurs atmosphériques, ce record n’a toujours pas été battu. Au vu de l’évolution technique des motorisations, le sera-t-il un jour? Une autre particularité de la F1, fut l’incarnation du rêve de Murray: replacer le conducteur au centre, comme dans une monoplace. Et non pas une, mais deux places pour vous accompagner, avec baquet de part et d’autre, en léger retrait. Conception géniale, visionnaire, inimitable.

Produite de 1993 à 1998, elle fut déclinée en 1995 par une version course (moins puissante, réglementation oblige, que la version de route) qui remporta les 24 Heures du Mans (où, pour être exact, elle écrase la concurrence: sur les 5 premières places, elle en truste 4!).

Gordon Murray quitte McLaren en 2004, à 58 ans. Il crée son entreprise et continue de concevoir des véhicules innovants. Soyons sur nos gardes pour le moment où naîtra sa prochaine création!

 

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Enzo Ferrari

Un pilote, avant de devenir un industriel visionnaire. Ses jeunes années sont faites de succès sportifs ; elles forgeront ses convictions sur les qualités nécessaires à une voiture de sport. En 1929, à 31 ans, il fonde la Scuderia Ferrari, doyenne (et marraine) de la Formule 1.

Ce n’est que 18 ans plus tard, en 1947, que démarre sous son impulsion la production d’automobiles conçues pour la route. Avec le succès que l’on sait! Mais quelle fut sa recette?

Il Commendatore définit la supercar. Il est l’un des premiers à identifier le V12 comme la plus noble, la plus équilibrée, la plus belle des mécaniques. Il apprivoise les lois de l’aérodynamisme, mais ne s’y soumet pas, privilégiant le style et le panache. Les automobiles les plus performantes sont aussi les plus belles. Comme il le disait lui-même: « Une voiture, on doit d’abord la rêver ».

La marque Ferrari est son oeuvre. Elle est devenue aussi connue que Coca-Cola ou Lego, sans pour autant pouvoir revendiquer sa présence dans chaque foyer! Cette fabuleuse notoriété, forcément, suscite parfois des commentaires jaloux. Mais sans jamais ternir son lustre. Car quelle collection d’automobiles serait complète, sans cheval cabré dans ses rangs?

Enzo est immortel ; et malgré tout, lorsqu’il disparaît à Modène à 90 ans, son héritage est entre de bonnes mains. Celles de son fils caché, reconnu 10 ans plus tôt, Piero Lardi. Dans le film biopic qui lui sera bientôt consacré, il sera incarné par Robert De Niro. Prochainement sur vos écrans!

 

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Adrian Newey

Depuis ses débuts en F1 dans les années 80, ce jeune diplômé aérodynamicien a (d)étonné par l’audace de ses créations. Aujourd’hui la Formule 1 se conçoit avec les mêmes outils (et presque les mêmes moyens) qu’un chasseur Rafale. Newey est l’un des principaux artisans de cette évolution naturelle: la recherche de vitesse est en premier lieu un combat contre la résistance de l’air. J’entends déjà les mauvais plaisants: non, ce n’est pas la fréquentation assidue des souffleries qui explique sa coupe de cheveux!

Une fois ses classes effectuées dans de modestes structures, Newey rejoint sa première grande écurie: Williams. Il y est nommé Designer en chef, durant la période la plus faste de son histoire. De 1990 à 1997, avec 5 titres constructeurs, les Williams-Renault écrasent la concurrence. Et donnent à ses pilotes un outil de travail d’une redoutable efficacité: Nigel Mansell en 1992, Alain Prost en 93 sur la superbe FW15C, Damon Hill en 1996, Jacques Villeneuve en 1997, y gagnent la couronne mondiale. Ayrton Senna, aussi, prit le volant de la Williams pour la saison 1994. Tragiquement, il s’arrêta lors de la 3ème course à Imola.

Etouffé chez Williams par l’omniprésent Patrick Head, Newey trouve chez McLaren la fonction de Directeur Technique, qu’il occupera de 1997 à 2005. Son impact immédiat sur le résultats, offrant à Häkkinen ses 2 couronnes en 1998 (sur la MP4-13) et 1999. Le talent, la désormais irréfutable capacité d’Adrian a obtenir la victoire, lui octroient un statut de « rock star » au sein du paddock, aussi convoité que les plus grands pilotes.

L’année 1999 marque le début de l’insolente domination de Ferrari, qui remporte 8 titres entre 1999 et 2008. C’est, pour Adrian Newey, la traversée du désert.

C’est en 2006 qu’il rejoint la jeune écurie Red Bull Racing en tant que Directeur technique. Les premières années sont laborieuses mais les performances de cette équipe sortie du néant, deviennent respectables. Puis inquiètent sérieusement les grandes équipes. Et le talent et l’obstination de Newey est récompensé en 2010 avec la couronne mondiale pour le tout jeune Sebastian Vettel. Il remportera les 3 couronnes suivantes en 2011, 2012 et 2013. La consécration, pour Adrian Newey, du génie, de l’innovation, et de… l’interprétation du réglement!

Les règles sont volontairement oubliées quand il crée pour Gran Turismo la stupéfiante Red Bull X2010. Sa conception extrême crée un paradoxe: la voiture pourrait être construite, mais pas pilotée! En effet, ses accélérations de 8 g ne sont pas supportables pour l’homme… Je vous laisse décrouvrir en vidéo et à Suzuka, ce pur fantasme d’ingénieur automobile.

 

Les 12 Apôtres du sport automobile (2e partie)

Sébastien Loeb

Détecté par la FFSA par son programme Volant Rallye Jeunes, il impressione très vite par son talent et sa maturité. Qualités qui lui donneront ni plus ni moins que cette distinction: LE pilote le plus titré, toutes disciplines confondues, du sport automobile. Cette phrase mérite d’être relue, posément, tout en mesurant sa portée. Comprenez: Le Meilleur. Palmarès non exhaustif:

9 fois Champion du Monde de Rallye, ayant remporté tous les titres de 2004 à 2012. Associé depuis 1997 à son copilote Daniel Elena, et successivement sur Citroën Xsara, C4 et DS3 WRC.

Invité par Henri Pescarolo, il participe à ses 1ères 24 heures du Mans en 2005. L’année suivante il termine avec son équipe à une superbe 2ème place, derrière l’intouchable Audi R10.

Il crée son écurie SLR en 2011, et participe à de nombreuses courses en catégorie GT ; remporte en 2012 la Porsche Carrera Cup France à Pau. Participe en 2013 à la prestigieuse FIA GT Series.

En 2013 également, il pulvérise le record du Pikes Peak (ancien record: 9’46 », porté à 8’13 »!) sur une 208 T16 hallucinante (875 chevaux, 875 kg, 0 à 200 km/h en… 4,8 secondes).

Depuis 2014, il est engagé sur Citroën dans le très disputé championnat du monde WTCC, dont il a terminé la saison dernière sur le podium.

Si vous êtes curieux, vous trouverez en ligne la litanie de ses records. On retiendra ses performances quelles que soient les surfaces, asphalte, terre ou neige. Son style de pilotage est décrit comme scientifique, cherchant la vitesse maximale à chaque virage. Très sûr aussi: moins d’un abandon par an en rallye, sur erreur de pilotage, ce qui est là encore exceptionnel.

Combatif mais sympathique, ultra-médiatisé et pourtant encore disponible pour ses fans, il est régulièrement en bonne place au classement des personnalités préférées des Français.

Un réel engagement caritatif complète le tableau de cet immense champion, dont je m’estime juste chanceux d’être le contemporain… et de pouvoir rêver, encore, à de nouveaux exploits.

<<< lire le précédent article sur Les 12 Apôtres du sport automobile        suite et fin! >>>

Philippe B
philippe@lyonaumasculin.com
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