Les 12 Apôtres du sport automobile (suite et fin)

1 MAI 2015

Les 12 Apôtres du sport automobile (suite et fin)

Immédiatement associé à la phrase « Light is right » (Léger, c’est bien) ce créateur a révolutionné l’automobile performante. Il apporté ses innovations tellement radicales, a conçu avec tant d’imagination, que plus de 30 ans après sa mort la plupart de ses concepts restent d’actualité.

Les 12 Apôtres du sport automobile (suite et fin)

Colin Chapman

La légèreté, tout d’abord. Au sortir de la guerre, le jeune Colin a effectué son service dans la Royal Air Force, et commence à travailler dans le secteur de l’aluminium. Ses idées prennent corps et, en 1952, il fonde Lotus Cars. En 1957, c’est la naissance de la célèbre Seven, et le début du succès commercial. 

Qui permet, en 1958, au Team Lotus de prendre à Monaco le départ de son 1er Grand Prix de Formule 1. Chapman y met en application son credo, illustré par la phrase: « Ajouter de la puissance vous rend plus rapide en ligne droite ; retirer du poids vous rend plus rapide partout« . Parmi ses conceptions notables, on retiendra qu’il a développé le chassis monocoque, et a été le précurseur de l’utilisation de matériaux composites tels que la fibre de verre. La maniabilité et la tenue de route ont aussi été ses priorités, concrétisées par le positionnement central arrière du moteur, ou le développement de voitures à effet de sol. Enfin, il est le premier à utiliser ses monoplaces comme supports publicitaires, et le contrat passé avec le cigarettier John Player Special donna à son équipe sa caractéristique livrée Noir&Or. Plus de 40 ans après, ces caractéristiques sont encore au coeur de la conception de voitures de course! Visionnaire.

L’histoire a aussi retenu Chapman comme un homme privilégiant la performance, au détriment de la fiabilité ; pour le citer: « Une voiture qui se tient en un seul morceau au-delà de la durée d’une course, est une voiture trop lourde« . Cela ne l’a nullement empêché de dominer sa discipline, puisque son écurie de F1 fut titrée en 1963, 1965, 1968, 1970, 1972, 1973 et 1978!

Ses voitures conçues pour la route ont également un succès extraordinaire. La plus notable est la Lotus Elan, produite de 1962 à 1973, et toujours extrêmement prisée des collectionneurs.

Malgré sa disparition brutale en 1982, sa vision de l’automobile sportive demeure, et la société Lotus est l’une des rares industries anglaises à avoir survécu aux années 80. Sur la route et dans le climat répressif actuel, ses modèles, offrant plus de sensations à vitesse égale, présentent de sérieux atouts. Pour vous en rendre compte, 2 possibilités ; faites une visite à la concession Lotus de Lyon, ou contactez les passionnés du Lotus Club Rhone-Alpes !

Pierre Nicolas (à gauche) et son associé et ami Benoît Dupré

Pierre Nicolas (à gauche) et son associé et ami Benoît Dupré

Pierre Nicolas
Le Lyonnais qui a rendu accessibles à tous les sensations de la Formule 1. Ses passions, le sport et l’automobile, furent le point de départ de son concept, l’I-Way. Ce
simulateur de course
, unique au monde lors de sa création en 2008 (et aujourd’hui toujours unique en Europe), offre la possibilité de se glisser derrière le volant d’une voiture de rallye, d’un prototype du Mans, ou d’une Formule 1. L’idée de départ du jeune entrepreneur est géniale: utiliser la mécanique d’un simulateur de vol, qui reproduit les mouvements et accélérations dans les 3 dimensions, et y greffer des véhicules de course. Plus récemment, la boucle a été bouclée, puisque l’I-Way propose 3 simulateurs d’avions de chasse F-18!

Un mot sur l’expérience I-Way, que j’ai faite il y a peu. Il s’agit d’une immersion, conçue pour être la plus proche possible des sensations ressenties par les pilotes. Le réalisme physique, le comportement des véhicules calqué sur la réalité forcent l’admiration. Par exemple, même les effets d’aspiration sont sensibles lors des dépassements. L’outil de conception virtuelle avait déjà permis de créer un circuit en plein coeur de Lyon (visible ici en caméra embarquée), désormais il est possible, en choisissant le World Race, de se tirer la bourre à travers les rues de Paris, Tokyo, Sydney et New York. Car il s’agit bien de cela: profiter des 6 places par session pour affronter à la régulière (ou pas) ses amis, ses collègues, ses prospects.

Le lieu, les prestations proposées (2 spas, restaurant cité au Michelin, capacité d’accueil de groupes de 40 à… 1400 personnes!), le concept, restent absolument uniques. Et, lorsque je lui pose la question de ses projets en gestation, un sourire entendu accompagne sa réponse: « Vous verrez… » Simulateur de moto, de bobsleigh, de flysuit, de hors-bord? Tous les fantasmes sont permis!

I-Way, S(t)imulateur de sensations. 4 rue Jean Marcuit, Lyon 9ème. www.i-way.fr

Les 12 Apôtres du sport automobile (suite et fin)

Bertone
Le carrossier des plus belles. Une histoire de famille et de transmission de savoir, aussi.

Giovanni Bertone, le fondateur, ouvre son atelier de carrosserie en 1912, et signe entre autres la Lancia Lambda en 1928. Il pose les bases de conception et de fabrication en petite série, et son nom devient régulièrement partenaire des constructeurs italiens, Fiat et Lancia notamment. 

Son fils, Giuseppe Bertone dit « Nuccio », fait ses débuts en 1933 à 19 ans au sein de l’atelier. Doté d’un coup de crayon remarquable, ses créations participent au développement de notoriété de la marque. Il est l’un des premiers à considérer avec succès les aspects d’aérodynamisme, et est couronné en 1937 au concours de Turin pour son interprétation de la Fiat 1500. Mais c’est surtout après-guerre qu’il devient un acteur majeur de l’explosion du design italien. Ses croquis traversent désormais les frontières, rendant désirables les productions de Volvo, MG ou Aston Martin. En France, c’est la Simca 1000 Coupé qui reçoit en 1961 les honneurs du designer.

En 1963, le prospère Ferrucio Lamborghini, trouvant ses Ferrari trop peu confortables (!), se lance dans la production d’automobiles de prestige. Bertone devient carrossier officiel de la marque au taureau. Deux ans plus tard, le prometteur Marcello Gandini devient designer en chef des ateliers Bertone, poste qu’il occupera pendant 15 merveilleuses années. S’en suit une liste de chefs-d’oeuvre, couronnée en 1966 par celle que beaucoup considèrent la plus belle voiture jamais construite, la Miura. La Lamborghini Urraco, que j’ai abordée le mois dernier dans ce sujet, c’est également lui.

Vous trouverez aisément en ligne la liste intégrale de ses créations, parmi lesquelles figurent la Polo I, la Lancia Stratos, plusieurs Lamborghini dont la Countach, quelques Maserati…

Les années 80 furent, à n’en pas douter, une époque d’expérimentations. Considérons l’exemple de la Citroën BX, dont la ligne pourtant signée Gandini n’était pas le plus grand atout! Cela n’a pas empêché son succès commercial de 1982 à 1994. Les années 90, justement, qui voient décliner les ateliers Bertone. Commandes en retrait, choix hasardeux de partenaires, créations dont le pouvoir de séduction est en chute libre ; comment justifier, pour un designer de ce renom, la paternité de la Citroën Berlingo? C’était en 1997, qui fut aussi l’année de la mort de Nuccio.

Les ateliers Bertone furent déclarés en faillite en 2014 dans l’indifférence générale, cependant la marque a été rachetée par des passionnés. Renaîtra-t-elle de ses cendres? 

 

Les 12 Apôtres du sport automobile (suite et fin)

James Bond

Vous avez 65 ans ou moins? Si oui, alors, quand vous étiez petit garçon vous avez forcément vu à l’écran les exploits du plus célèbre espion des Services de Sa Majesté. Son univers: génies du crime, bouteilles de Dom Perignon 1953, créatures pulpeuses, et bolides de rêve bardés de gadgets. C’est sur ce dernier point que le personnage retient toute mon attention.

Car qui d’autre que l’Agent 007 peut se vanter d’avoir été au volant de telles automobiles de rêve? DB5, 2000GT, Esprit, Z8 et Vanquish jalonnent ce parcours. Et le fait que ces merveilles à quatre roues soient équipées de sièges éjectables, qu’elles se transforment en sous-marin, ou abattent les hélicoptères avec leurs missiles sol-air, participe au fantasme collectif.

Des générations d’enfants ont écarquillé les yeux devant les prouesses rendues possibles par les Bond Cars. L’inconscient a été bercé de cette idée: si je veux sauver le Monde, il me faut Sa voiture! Et, loin de me prétendre sociologue, je ne serais pas surpris de voir apparaître en bonne place notre ami James, comme prophète du concept publicitaire « Achetez la voiture, vous aurez la Femme ».

Les grandes marques l’ont bien compris et le casting des automobiles a parfois donné lieu à des joutes animées entre constructeurs. De 1995 à 1999, exemple qui avait fait grand bruit à l’époque, BMW arrache le contrat de « placement produit » de ses modèles. Et, en 3 films, parvient à en placer 4: le nouveau roadster Z3, puis la 750iL, la moto R1200C, et enfin l’exclusive Z8. Deutsche Rentabilität!

La sortie du prochain opus, Spectre, est prévue pour novembre 2015. James y conduira une Aston Martin DB10. Ou plutôt, LA DB10 puisqu’il s’agit d’un modèle créé spécialement pour le film, et produit à 10 exemplaires seulement pour les besoins du tournage. Exclusif. Désirable. Redoutable. 3 adjectifs qui qualifient aussi bien le véhicule que son pilote, et ce depuis plus d’un demi-siècle!

Lire l’article précédent sur les 12 apôtres du sport automobile

Philippe B
philippe@lyonaumasculin.com
1Commentaire
  • taxi nice
    Posté à 01:06h, 14 septembre Répondre

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