Les montres à répétition minutes

7 JUILLET 2015

Les montres à répétition minutes

Les créateurs de haute horlogerie rivalisent d’ingéniosité pour offrir aux montres mécaniques des complications (fonctions) pratiques et raffinées. Le plus poétique, sans doute, de ces attributs est la Répétition Minutes, qui permet de lire l’heure… à l’oreille! Observons à la loupe cet attribut rare, délicat et, aussi, très exclusif.

Les montres à répétition minutes

Un peu d’histoire
Alors que l’on associe immédiatement la haute horlogerie avec la Suisse, ou à la rigueur ses pays frontaliers, l’invention de la Répétition Minutes est l’oeuvre d’un Anglais! Ainsi, au dix-huitième siècle, Thomas Mudge met au point une montre mécanique capable de « lire » l’heure dans le noir. En effet, à cette époque, pas de lampe de chevet, pas d’électricité du tout du reste, et pas encore d’index phosphorescents… impossible donc, la nuit, de savoir l’heure qu’il est! Difficulté résolue par l’inventeur, qui conçoit et fabrique une mécanique qui convertit la position des aiguilles en indications sonores claires.
Comment cela fonctionne-t-il? La montre est dotée d’un système sonore à deux tons ; le premier sonne les heures, ensuite ce sont les quarts d’heure traduits en « ding-dongs », et enfin les minutes. Plutôt que de détaillées (et fastidieuses) explications, voyez ci-dessous la courte vidéo d’une Patek Philippe, vue par son fond transparent en saphir, et qui indique 10 heures et 58 minutes. Comme vous pourrez l’entendre à la pression du poussoir : 10 « dongs », 3 « ding-dongs », 13 « dings », tout simplement!

Une prouesse technique
La conception, la mise en oeuvre et la réalisation de telles mécaniques nécessitent une intelligence, une inventivité et une maîtrise technique hors du commun. Le seul fait qu’une montre-bracelet puisse contenir tous les rouages (jusqu’à 500 pièces mécaniques!) nécessaires, et que tout cela fonctionne avec tant de grâce, on s’éloigne du pratique, on s’approche du magique.
Je vous épargne le cours d’horlogerie niveau expert, mais en vulgarisant grossièrement, la complication répétition minutes est exceptionnelle pour trois raisons:
Elle nécessite une mécanique capable de transformer la position angulaire d’une aiguille, en nombre de sonneries. Et non, ce n’est pas du tout simple.
Elle crée le besoin, au coeur de la montre, d’une réserve de puissance élevée et parfois même de ressorts additionnels, pour mouvoir les roues dentées, leviers et marteaux.
Elle a enfin besoin d’un travail acoustique, sur la clarté, la résonnance. La disposition de la mécanique et des espaces vides au sein du boîtier, détermine la signature sonore de l’objet. Et, comme vous pourrez le constater en visionnant la vidéo en bas de page, les plus grandes marques se livrent bataille sur le terrain du timbre et de la pureté de la sonnerie.

Signe distinctif:
Le plus souvent, comme c’est le cas sur la
Roger Dubuis Hommage ci-dessous, la commande de sonnerie se trouve sur le flanc gauche du boîtier, sous la forme d’un poussoir allongé. 

Les montres à répétition minutes

Une complication des plus exclusives
Le coût de la recherche et du développement de telles mécaniques a un impact considérable sur le prix de ces pièces rares. Le plus souvent produites en éditions très limitées, et extrêment prisées des collectionneurs, les variantes « répétition minutes » des grandes collections affichent presque toujours des étiquettes à six chiffres. Il est rarissime de trouver l’une de ces pièces sur le marché de l’occasion, a fortiori en excellent état.
C’est pourtant le cas, par exemple, de cette très élégante IWC Portugaise Répétition Minutes, disponible depuis peu chez Crésus. Boîtier or jaune 18 carats, mouvement mécanique, série limitée à 250 exemplaires. Actuellement en vitrine de la boutique de Luxembourg, l’ingénieux service de navettes entre boutiques du réseau Crésus peut rapidement la rendre disponible au Lyonnais qui la convoite!

Avez-vous l’oreille musicale?
Comme évoqué précédemment, les plus grandes maisons rivalisent d’ingéniosité pour offrir le son plus pur possible. Pour les amateurs éclairés, la séquence ci-dessous (en Anglais, forcément!) compare six de ces montres extraordinaires. Mention spéciale à la Christophe Claret et son carillon Westminster à non pas deux, mais quatre notes! Malgré cette prouesse musicale et technique, ma préférée (et, à 250 k€, la plus « abordable » des 6!) est la
Louis Vuitton Tambour Répétition Minutes, et sa mécanique apparente. Quelle serait la vôtre?

Philippe B
philippe@lyonaumasculin.com
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