Road-trip en Austin Healey

17 AVRIL 2016

Road-trip en Austin Healey

Emblématique Anglaise vintage, l’Austin Healey 3000 a usé (et abusé) de ses charmes sur les routes de la région. Des lignes à tomber, un agrément de conduite envoûtant… et une véritable expérience de Gentleman Driver pour un article exceptionnel, à plus d’un titre ! 

Road-trip en Austin Healey

Elle est à vous?

Telle est la question qui brûle les lèvres de nombreux curieux ; la réponse étant « J’aimerais bien ! » Le prêt d’une telle automobile par son propriétaire est tout d’abord une extraordinaire marque de confiance. L’intérêt pour ce passionné, et le témoignage de ma gratitude, va bien au-delà de la réalisation de cet article. Avec le concours du talentueux photographe Ronan Siri, l’expérience complète donnera lieu à la publication d’un livre, richement illustré et documenté. Cher Monsieur D., pour votre confiance et les moments rares vécus au volant de votre belle Anglaise, trois mille fois merci !

Road-trip en Austin Healey

La marque Austin Healey : 20 ans d’histoire

Née en 1952 de l’association d’Austin (constructeur anglais) et de Donald Healey (pilote, concepteur et designer d’automobiles sportives), elle produisit des automobiles sportives jusqu’en 1972. Résolument tournés vers la performance, ses modèles s’illustrèrent en compétition, parfois aux mains de pilotes renommés. Victoires en championnats sur piste, rallyes et courses de côte, et des participations remarquées en endurance (12 heures de Sebring, 24 heures du Mans) ont forgé un palmarès bien garni. Les Healey ont acquis le respect de la profession, et l’admiration du public ; un amour qui a particulièrement bien résisté à l’épreuve du temps grâce à une conception et une élégance hors du commun.

Road-trip en Austin Healey

Le modèle 3000, version Mk3

Surnommé « Big » d’après sa cylindrée de 3 litres, il est produit de 1959 à 1968 par le constructeur Jensen (connu aussi pour son modèle Interceptor). La version Mk3 est lancée en 1963, et représente l’évolution la plus aboutie et la plus puissante du modèle. La calandre à grille verticale la distingue esthétiquement ; l’intérieur cuir est désormais disponible en option. La 3000 fut produite à 43 000 exemplaires, dont 17 800 « MkIII » ; sans conteste le plus beau succès commercial de la marque.

Appréciée pour sa puissance et son comportement, l’automobile a connu une belle carrière sportive. Aux mains de pilotes tels que Caroll Shelby, Sterling Moss, Timo Mäkinen, elle se montra redoutable en rallyes routiers et notamment en montagne. Encore aujourd’hui, elle demeure une concurrente estimée aux rassemblements et courses d’anciennes.

Road-trip en Austin Healey

Au volant de la 3000 mkIII

Prendre place à bord d’une telle automobile est un instant chargé d’émotion, un voyage dans le temps vers une époque où la route était un espace de liberté. Les portes ne ferment pas à clé, et l’absence de ceintures de sécurité incite à la conduite prudente. La mise en route du moteur reveille des instincts sportifs, confirmés par les premiers tours de roues. 

La force motrice, bien assistée par la boîte à 4 rapports, révèle un tempérament dynamique pétillant. Le chassis et les suspensions font merveille sur routes sinueuses, et l’ensemble mécanique appelle à l’escapade hédoniste. 

Road-trip en Austin Healey

Le Grand Tourisme

Profiter de routes dégagées, à allure tranquille ou plus vive selon l’humeur, procure une jubilation qui pourrait devenir une fin en soi. La conduite « à ciel ouvert » en prise direct avec les éléments est agrémentée par les parfums de la nature, les chants des oiseaux. Un concert de sensations qui forment une harmonie inattendue avec l’odeur du cuir, de l’essence, et les vocalises distillées par l’échappement. 

Les routes de l’Arbresle et du Beaujolais sont bordées d’invitations à la découverte. Villages authentiques, domaines viticoles, adresses gourmandes, châteaux et hauts-lieux touristiques ponctuent l’itinéraire ; les étapes de ce road-trip sont précisées à la fin de cet article. Tout au long de ce parcours, notre passage fait apparaître de larges sourires sur les visages des petits et des grands. C’est l’un des charmes de la conduite d’anciennes, déjà vécu pendant l’essai de la Mercedes 190SL : l’affection de toutes les générations pour ces machines charismatiques.

Road-trip en Austin Healey

Intérieur & équipement

Il y a un demi-siècle, les automobiles allaient à l’essentiel. Malgré tout, l’usage de matériaux nobles (chrome, ronce de noyer) honore le statut d’automobile de luxe. Le volant est particulièrement soigné, le bois « civilisant » quelque peu les 3 branches en métal ajourées, héritées de la piste. Les sièges maintiennent juste la moitié inférieure du dos, et pourtant leur confort est remarquable ; les 2 places arrières étant minuscules et d’usage très limité.

La capote se manipule avec aisance, et ne fait pas injure à la finesse du dessin de l’Anglaise. Sur le tableau de bord, les instruments permettent de garder un œil sur le bon fonctionnement du moteur : manomètres de pression, jauges de température… Le compte-tours gradué est aussi fiable que lisible ; quant au compteur de vitesse, il est bien entendu calibré en miles. À l’approche de radars automatiques, mieux vaut savoir convertir en kilomètres/heure de tête !

Road-trip en Austin Healey

L’exotisme du made in England

De part et d’autre du volant, pas une seule manette pour commander les « accessoires ». Au centre du cercle, un petit levier actionne les clignotants. Les éclairages de feux et instruments se mettent en marche par la bascule d’interrupteurs sur le panneau central. Pour passer en plein phares, il suffit d’écraser un poussoir… avec son pied gauche ! Placé à gauche de la pédale d’embrayage, ce bouton est finalement assez pratique pour pratiquer l’appel de phares. Le frein à main se loge entre le tunnel de transmission central, et le siège passager. Malgré cette disposition, il reste très accessible et pratique à manœuvrer.

Pour réaliser quelques images de la mécanique, il fallait pouvoir ouvrir le capot… finalement, cette coquine de tirette se dissimulait sous la boîte à gants, côté passager. Why not?

Road-trip en Austin Healey

Fiche technique

Moteur 6 cylindres en ligne, 2912 cm3, 148 chevaux, 2 carburateurs
Boîte  de vitesses manuelle à 4 rapports, overdrive électrique sur les 2 derniers rapports
Transmission aux roues arrières, vitesse maximale 195 km/h
Freins à disque (avant) et tambours (arrière), roues à fil à écrous « knock-off »
Poids 1180 kg, 0 à 100 km/h en 9,5 secondes. 

En résumé :
Une automobile unique, par son histoire et les sensations qu’elle procure. L’agrément de conduite est fabuleux, largement soutenu par une sonorité extraordinaire. Le moteur à 6 cylindres brille par sa puissance et son couple ; son poids est sensible en conduite soutenue, mais le comportement reste joueur et sain. Emblématique de son époque et d’une conception so British du luxe automobile, elle justifie amplement son statut et la passion que lui vouent les collectionneurs et amateurs !

Road-trip en Austin Healey

Gentleman Driver Style

Visibles sur certaines images, les lunettes Randolph P3 Shadow furent particulièrement appréciées au volant, par temps ensoleillé ou couvert (voir la démonstration en vidéo – Merci Séverine – lors d’une balade matinale de Bellecour à Collonges). La marque est connue de ceux qui ont lu l’essai de la V-Max ; elle confirme ses qualités de fabrication et de design intemporel. www.randolph.fr

Pour le reste, une veste en cuir d’agneau Massimo Dutti, une paire de jeans Levi’s, une chemise De Fursac. Bexley fournit l’écharpe « chèche » et les boots Warwick, détaillées dans cet essai.

Road-trip en Austin Healey

Le Road-book en Lyonnais & Beaujolais

Départ : terrasse du Bistrot Canaille, place des Tapis, Croix-Rousse
Étapes visibles sur les
Photographies de Ronan Siri
 :
Belvédère du Mont Cindre, Saint Cyr au Mont d’Or
Villages de Saint Vérand, Ternand (Beaujolais)
Domaine Albert, espace de réception et domaine viticole, Pommiers
Château de Bagnols, hôtel, restaurant et Spa

Bistrot d’Hélices, sur l’aéroport de Villefranche-Tarare

Merci à toutes et tous pour leur accueil !

Pour terminer, merci également au Club Healey dont les informations m’ont été utiles en préparation de cet essai exceptionnel ; et bien sûr chaleureusement, à Monsieur D. !

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Philippe B
philippe@lyonaumasculin.com
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