Exclusif : la V-Max (aux hormones)

31 MARS 2016

Exclusif : la V-Max (aux hormones)

Certaines motos sortent du lot grâce à leurs qualités objectives : performance, finition… Et il y a celles qui ont acquis un statut à part. Les Mythiques. Dans ce club très fermé, la Yamaha V-Max occupe une place de choix. Un moteur, et tout ce qui faut autour, telle est la recette de ce monstre de puissance, autant adoré que décrié.S’il y a bien deux choses qu’il ne produit pas, c’est l’indifférence et l’ennui. La sirène a une sacrée voix ; faut-il céder à son appel?

Concours de puissance en gare de Romanèche-ThorinsConcours de puissance en gare de Romanèche-Thorins

Une histoire qui démarre en 1984

La première version, dotée d’un moteur V4 1200 cm3, a connu une superbe carrière et très peu de modifications en 21 ans de production. Déjà, la faire appartenir à une catégorie de motos est un exercice difficile. « Roadster », « Custom »… finalement, la désignation la plus fidèle serait celle de Dragster Homologué Sur Route. La puissance phénoménale qui la rend imbattable en ligne droite, les freins et le chassis dépassés par les évènements, forgent déjà la légende du V-Max. Cette première mouture fut retenue dans la sélection de motos « collector » au même titre que d’autres modèles culte.

Exclusif : la V-Max (aux hormones)

La renaissance de la légende

L’année 2005 signe la fin des ventes de la 1200. Après 3 ans d’attente, en 2008, Yamaha annonce la deuxième version. On retrouve le moteur V4, mais porté à 1700 cm3, il délivre 200 chevaux et le couple dantesque de 17 mkg. Le freinage et le chassis ont été sérieusement retravaillés, mais quelques défauts « signature » ont été conservés : l’autonomie, notamment. Côté look, le design y va franchement : la bête a 4 cylindres en V, et ça va se (sa)voir ! Devant, les prises d’air, et derrière, les sorties d’échappement, sont au nombre de quatre et placées de manière ostentatoire. 

Exclusif : la V-Max (aux hormones) Exclusif : la V-Max (aux hormones)

200 chevaux… et même plus

La V-Max du présent essai est passée entre les mains des Ateliers des Règles de l’Art, à Saint Lager (Beaujolais). Enfin, les mains… dans ce cas, plutôt des pattes de grizzly ! Le patron a travaillé l’admission, l’injection, la cartographie moteur et l’échappement pour obtenir, chiffres du banc de puissance à l’appui, 239 chevaux à la roue arrière. Ah oui, il a fallu renforcer la transmission en conséquence, aussi. 

Elle pète le feu ! (réalisé sans trucage)Elle pète le feu ! (réalisé sans trucage)

Autant vous dire qu’avant de prendre la route avec une telle écurie, le maître-mot est : Humilité. D’autant que son propriétaire me prévient : « Attends d’avoir le pneu bien chaud avant de mettre les gaz, sinon elle peut partir en burn, même en 5ème. » Impossible de ne pas penser aux mésaventures (et multiples sorties de route) de Lafouine, l’un des protagonistes du Joe Bar Team et célèbre dresseur de V-Max…
Seulement voilà , je ne suis pas un personnage de fiction. La décision est donc prise d’aborder la matinée avec prudence ; et c’est avec respect que je saisis le guidon.

Exclusif : la V-Max (aux hormones)

La position de conduite est assez neutre, sécurisante. Le guidon est bien dimensionné, suffisant même pour manœuvrer les 300 kilos de l’engin à l’arrêt. La selle est confortable, on pourrait la confondre avec celle d’une paisible GT, s’il n’y avait cette butée verticale à l’arrière. Elle sera d’un renfort précieux pour conserver la position assise lors des accélérations les plus franches !

Sous les yeux, les instruments. Au dessus du guidon, un simple compteur de régime et de vitesse a reçu la greffe d’un shiftlight (indicateur de régime maxi) surdimensionné. Pour obtenir de plus amples informations (jauge d’essence, rapport engagé, température moteur…) il faut baisser le regard sur le réservoir. Ce double affichage est bien conçu ; en conduite il se limite à l’essentiel, et évite d’être distrait de la route par trop d’informations.

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La V-Max en Full sur route ouverte

Le chemin qui mène à la Chapelle de Brouilly est très éloigné de la piste idéale ; étroit, gravillonneux, en lacets, dans l’humidité de la forêt… il permet cependant de vérifier si la V-Max est capable de tempérer ses ardeurs. Par la grâce de l’embrayage, et du bas-régime stable, c’est plutôt une bonne surprise. Plus loin, de minuscules ronds-points mettent à l’épreuve l’agilité de la machine. Elle tourne, si on y met du sien. Mieux qu’un Harley V-Rod, presque aussi bien qu’une Ducati Diavel (ses 2 concurrentes dans la catégorie pneu arrière XXL).
Sur route dégagée, la torsion franche (mais pas brutale, attention !) du poignet droit catapulte littéralement, dans un rugisssement mécanique indescriptible au-delà des 6000 tours/minute. La transmission par cardan ne souffre aucun reproche, seule l’absence d’un sixième rapport sur la boîte de vitesses surprend un instant. Au niveau des sensations, physiques et auditives, les superlatifs ne suffisent même plus : il faut essayer. (NB. la nouvelle loi autorisant à rouler en full power ne devrait plus tarder !)Exclusif : la V-Max (aux hormones)

Tenir les rênes

Accélérer fort, c’est bien : à titre indicatif, pour un zéro à 150 km/h, comptez 5 secondes environ.  Tenir le pavé en courbes et savoir s’arrêter, c’est encore mieux. La firme aux diapasons a obtenu dans ces domaines des résultats spectaculaires. À l’avant, ce ne sont pas moins de 6 pistons qui viennent mordre le double disque, avec l’assistance d’un ABS absolument indispensable sur le mouillé. Les ralentissements sont accompagnés d’un concert de détonations, et autres gargouillis et vociférations de la mécanique, scandaleusement jouissifs. Enfin, l’absence de protection contre le vent ne se fait pas trop sentir, et permet une utilisation autoroutière qui n’est limitée que par l’autonomie.

Exclusif : la V-Max (aux hormones)

En conclusion, cette expérience avec une moto aussi exclusive qu’intimidante, a tenu toutes ses promesses. La matinée fut nécessaire pour apprivoiser la bête, tandis que l’après-midi se consacra à faire plus ample connaissance. Il paraît raisonnable de dire qu’une bonne semaine de pratique est nécessaire, pour profiter pleinement de performances aussi extrêmes… tout en se méfiant de l’excès de confiance !
On retient surtout que la machine s’adresse à un public expérimenté, à forte personnalité, et doté (aussi) des moyens financiers nécessaires. La préparation par les Ateliers des Règles de l’Art a su montrer le niveau de maîtrise, et le grain de folie, qui les démarquent d’autres mécaniciens et préparateurs. Difficile de choisir meilleure vitrine, quand on souhaite valoriser ses talents ! 

Un "frein à main" original pour stationner en pente... sous bonne surveillance.Un « frein à main » original pour stationner en pente… sous bonne surveillance.

 

Fiche technique : Yamaha 1700 V-Max 2015

Moteur V4 1679 cm3, 200 ch à 9000 tr/min, couple 167 Nm à 6500 tr/min
Pistons forgés, 16 soupapes, admission variable, refroidissement liquide
Boîte 5 vitesses, transmission par cardan
Disques de frein « wave », étriers radiaux à 6 pistons à l’avant
Poids à sec 310 kg, réservoir 15 litres. Prix conseillé : 20 999 €

Time to ride

Pour l’essai d’une telle machine, le choix du lieu et l’équipement du pilote ont fait l’objet du plus grand soin. Dans les images et lignes qui suivent, quelques précisions sur ces éléments de contexte. Sources d’inspiration et de découvertes supplémentaires? 

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Les lunettes Randolph « Aviator »

Les vraies lunettes de pilote, made in USA, par l’équipementier officiel de l’US Air Force. Assemblées à la main dans la banlieue de Boston, chaque paire est unique, et garantie à vie. Points forts pour l’usager motard : les branches « baïonnette » droites et plates, qui s’enfilent sans peine même sous le casque le plus ajusté. On aime l’excellente protection contre le vent et les rayons UV, et les montures disponibles en plusieurs largeurs pour s’adapter aux différents types de visages. 

Distribuées à Lyon par Les Lunettes de Marius, Lyon 5ème.

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La montre : BRM V15-44

En toute logique, une telle moto aurait dû être accompagnée par la Tag Heuer Monaco V4… dont les délicats rouages se sont fait porter pâles, allez comprendre. C’est une marque française, connue pour son implication dans la compétition automobile, qui s’est illustrée au cours de cette mission. Bernard Richards Manufacture, et ses ateliers situés dans le Val-d’Oise, sont actuellement à l’honneur chez Crésus Montres. Le spécialiste de la montre vintage a reçu une belle sélection de BRM, et les présente dans une vitrine spécifique qui rappelle l’héritage « Racing » de la marque.
En ce qui concerne cette pièce, la V15-44, elle fera prochainement l’objet d’un article complet, alors… un peu de patience !

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Le lieu : le Hameau Dubœuf

Haut-lieu touristique du Beaujolais, le quartier général de la maison Georges Dubœuf réserve un accueil et des prestations des plus inattendus. Les installations de production de vin, mais aussi un musée sur l’histoire de la vigne, un restaurant, des attractions touristiques… tout le nécessaire pour surprendre et ravir les petits et les grands. Au guidon de la V-Max, la sobriété la plus stricte était de rigueur, mais très bientôt il faudra retourner déguster les Cuvées Prestige de Julienas et Moulin-à-Vent ! 

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© Joe Bar Team, tome 8, par Bar2 et 'Fane. © Joe Bar Team, tome 8, par Bar2 et ‘Fane.
Philippe B
philippe@lyonaumasculin.com
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